Carmela Lettieri (Université de Provence - Aix-Marseille I)

Les récits analysés dans cet article évoquent tous une période de l'histoire italienne récente marquée par de violents conflits politiques: il s'agit dans les trois cas d'un retour sur un passé sensible. L'intérêt de ce parallèle, portant sur des auteurs appartenant à des générations différentes et utilisant différents mécanismes narratifs, découle aussi de la possibilité qu'ils offrent de souligner un point commun moins évident. Ils suggèrent en effet, chacun à sa façon, qu'un rôle positif pour l'intellectuel face à la difficulté du souvenir est possible. Dépassant les alternatives classiques entre engagement et distanciation, entre utopie et désenchantement, une nouvelle fonction se dessine qui renvoie à la capacité de la littérature de (re)chercher (F. Guccini et L. Machiavelli), de montrer (G. Riotta) et de "déchiffrer les charades" (A. Tabucchi) qui font toute la complexité du réel.